L’éducation

Un système à deux vitesses

L’école au Népal n’est ni obligatoire ni gratuite. Les familles qui n’ont pas les moyens d’assumer les frais de scolarité ne bénéficient d’aucune aide de la part de l’État népalais. En effet, le gouvernement ne dispose pas des ressources financières et humaines suffisantes pour investir dans le secteur de l’éducation. Les établissements scolaires publics sont largement sous équipés tant en termes d’infrastructures qu’en termes d’enseignants qualifiés. Il en résulte que l’enseignement dispensé au sein de ces établissements est davantage théorique que professionnel.

Pour combler le manque d’écoles publiques, les écoles privées se sont développées au cours des dernières décennies, notamment dans les milieux urbains et plus particulièrement dans la vallée de Katmandou. Elles sont gérées soit par des individus sous forme d’entreprise privée soit par des communautés sous forme d’association à but non lucratif. Cependant, ces établissements vivent une réalité quelque peu différente que celle des écoles publiques : ils sont à l’écoute des parents d’élèves, plus flexible aux changements et ouverts à l’innovation. Toutefois les écoles privées sont soumises aux lois du marché et à la contrainte de rentabilité économique. Ainsi l’État ne finançant pas les écoles privées, les familles des élèves doivent payer des frais de scolarité souvent trop élevés en fonction du prestige de l’école.

Disparités économiques, géographiques et culturelles

Les écoles privées s’installent uniquement dans les zones où les familles sont en mesure de payer la scolarité de leurs enfants, c’est-à-dire en milieu urbain et principalement dans la capitale du pays. Ainsi, la zone rurale est largement négligée par les investisseurs privés qui ont pour objectif majeur la rentabilité. En raison de manque d’investissement dans les milieux ruraux, d’un côté, le phénomène de migration vers les villes s’accentue  d’année en année et de l’autre côté, les villes n’étant pas préparées à l’accueil d’un grand nombre de migrants connaissent de graves problèmes, tels que le logement, l’eau potable, l’électricité, le transport,  le traitement des déchets etc.

Outre cette disparité géographique, il existe d’autres problèmes d’ordre culturel : la société népalaise favorise l’éducation des garçons aux dépens de celle des filles. Il s’agit d’un problème particulièrement visible dans les villages. Les catégories défavorisées (culturellement et/ou économiquement), appelées souvent Dali, Janajati etc. se trouvent également en marge du système éducatif national.

Enfin, le système éducatif actuel qui prévaut au Népal, au sein du régime public, n’est pas adapté aux exigences de la société moderne. Il favorise l’apprentissage par cœur au lieu de doter les élèves d’outils qui favoriseraient la connaissance d’acquis professionnels en plus de développer leur autonomie et leur créativité. Pour résumer, le système public encourage la collection des diplômes, exception faite dans quelques rares établissements privés où les matières telles que l’art, la musique, les langues internationales, les enjeux liés à l’environnement, à la société, à l’économie etc. sont  enseignées.

En raison de ces disparités économiques, géographiques et culturels, une partie non négligeable des enfants et adolescents du pays se trouvent privée d’accès à une éducation de qualité leur permettant d’acquérir et valoriser les connaissances professionnelles.  En l’absence des initiatives innovantes, l’écart de cette disparité va s’accroître dans les années à venir.

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